Petit résumé sur Seth http://khemet.online.fr/dieux/seth.html
Sur le mythe d'Isis et Ossiris, Seth http://ibelgique.ifrance.com/mythesgrec/egypte.htm
Sur l'âne en Egypte http://www.thotweb.com/forum/aneegypte.php
De Seth on retombe forcément dans le domain romain par L'âne d'or ou les métamorphose d'Apulée (Texte complet Folio Classique trad. P. Grimal) Ici résumé :
Les Métamorphoses retracent à la première personne l‘histoire d‘un jeune noble, Lucius, qui s‘aventure en Thessalie, terre des sorcières, dont sa
mère est originaire. La magie, dont il entend beaucoup parler et contre laquelle il est de nombreuses fois mis en garde, le fascine ; il finit par s‘y initier avec l‘aide de sa petite maîtresse Photis. Celle-ci se trompe de potion : Lucius ne se métamorphose pas en oiseau comme il s‘y attendait, mais en âne. Il lui faut donc attendre le matin pour manger des roses
qui, seules, lui rendront forme humaine. Malheureusement, alors qu‘il passe la nuit à l‘écurie survient une attaque de brigands. Ces derniers le
chargent du butin et l‘emmènent ; désormais il ne lui est plus possible de manger les roses du salut... Après être resté quelques temps avec eux, il passe de maître en maître, tous plus terribles les uns que les autres, un petit esclave sadique, de vieux invertis masochistes-exhibitionnistes complètement exaltés qui rançonnent la région au nom d‘une déesse orientale, une meunière débauchée et cruelle, un affranchi qui le prostitue à une aristocrate zoophile : son parcours s‘assimile à une descente aux enfers.
A ce premier niveau de récit s‘ajoutent de nombreuses anecdotes relatées par divers personnages, des histoires de sorcellerie, les exploits des brigands, des scènes de la vie privée où l‘adultère joue un rôle
important, enfin des histoires criminelles. La construction de ce roman ressemble assez à ceux que nous appelons « picaresques ». Dans
l‘Antiquité, ce type de littérature ne relevant d‘aucun genre et mêlant galanterie, merveilleux, peintures de moeurs et descriptions artistiques était appelé « causerie milésienne ».
La trame de L‘Ane d‘or n‘a vraisemblablement pas été inventée par Apulée : un livre grec aujourd‘hui disparu, Les Métamorphoses écrit par Lucius de Patræ, et, ce qui pourrait en être le résumé, L‘Ane de Lucien, retracent la même histoire. Mais Apulée lui a donné une signification originale par deux principaux ajouts, le conte d‘Amour et Psyché, qui s‘étale sur trois livres au coeur de l‘action, et le livre XI qui clôt l‘aventure de Lucius par sa conversion au culte d‘Isis. Ce dernier ajout est fondamental puisqu‘il fait des Métamorphoses un roman initiatique. La des-
cente aux enfers de Lucius tend à prouver que rien n‘a de valeur, ni les liens familiaux, amicaux ou amoureux, ni la religion traditionnelle ou orientale, ni l‘Etat, ni la culture philosophique et artistique : tout cela est balayé par les vicissitudes de la fortune aveugle et cruelle. Seule demeure la grande déesse-mère Isis qui accorde le salut à Lucius et lui rend forme humaine. L’influence de la religion égyptienne Dans un article sur la signification du titre Asinus Aureus (« l‘âne dont la matière est de l‘or » ?
« L‘Ane, roman qui vaut son pesant d‘or » ?) René Martin montre qu‘il faudrait le traduire par « l‘âne roux », animal qui symbolise les forces du mal et représente le dieu Seth, meurtrier de l‘époux et frère d‘Isis, Osiris. Lucius, personnage malfaisant assimilé à Seth, est donc puni par Isis qui le transforme en âne jusqu‘à ce qu‘il se repente et se voie, à l‘instar
d‘Osiris, accorder une renaissance. Le fait que ce roman serve le mystérieux culte d‘Isis nous le rend partiellement incompréhensible.
Les titres restent inexpliqués (lequel est celui d‘origine, que signifie « aureus », pourquoi un pluriel à « métamorphoses » ?), les premières lignes sont totalement ésotériques, le piétinement des poissons
au marché (I, 25) évoque peut-être un rite inconnu, enfin probablement bien des formules à double sens nous échappent.
Amour et Psyché
A cette influence égyptienne se mêle celle de la philosophie platonicienne. Le mythe du Phèdre présente en effet les âmes comme des attelages ailés circulant sur la voûte céleste auxquels il est plus ou moins permis de contempler le divin. Les unes s‘y maintiennent mais d‘autres, attirées par le monde sensible, perdent leurs plumes et retombent s‘incarner dans un corps, en conservant pourtant un vague souvenir de ce qu‘elles ont pu voir et manifestant le désir de le contempler à nouveau. Le conte d‘Amour
et Psyché s‘inspire de ce mythe.
Psyché est une jeune fille si belle que Vénus s‘en offense et demande à son fils Cupidon de la donner en mariage à l‘être le plus méprisable qui soit. Un oracle ordonne aux parents de Psyché de l‘exposer sur un rocher escarpé pour que son époux, un monstre cruel pour les hommes et les dieux, vienne la chercher. Psyché est alors transportée par les zéphyrs qui gonflent sa robe et la déposent dans une prairie, près d‘un merveilleux palais. Elle s‘y installe, servie par des êtres immatériels, et reçoit chaque nuit la visite d‘un individu mystérieux qui refuse de
se laisser voir. Tout d‘abord effrayée, elle tombe ensuite amoureuse et enceinte. Ses soeurs aînées ne tardent pas à la retrouver et, jalouses de son bonheur, la persuadent de tuer l‘inconnu. Psyché hésite puis
se décide. Mais en allumant la lumière avant d‘accomplir son forfait, elle reconnait Cupidon. Fascinée par tant de beauté elle le brûle maladroitement avec l‘huile de la lampe ; il s‘éveille et s‘enfuit. Psyché
s‘accroche à lui, puis se laisse tomber sur le sol, désespérée. Elle doit alors surmonter sa douleur et affronter la série d‘épreuves que Vénus lui inflige avant de retrouver celui qu‘elle aime, de pouvoir l‘épouser dans l‘Olympe et de donner naissance à une fille nommée Volupté. Psyché, comme son nom l‘indique, symbolise l‘âme humaine qui aspire au divin après l‘avoir contemplé puis perdu. Dans Les Métamorphoses la
curiosité qu‘éprouvent les personnages à l‘égard du monde suprasensible est sacrilège parce qu‘elle est impatiente. Lucius et Psyché sont des êtres d‘exception ; tous d‘eux se souviennent du divin, le cherchent et sont voués à le connaître, mais leur précipitation les fait fauter : Psyché désobéit à son époux tandis que Lucius se pervertit dans la magie.
Un parcours d‘épreuves est là, tel un cocher, pour tempérer leur ardeur et leur inculquer la patience et l‘endurance que récompensent finalement une révélation pour Lucius et une divinisation pour Psyché. Il va sans dire que d‘autres interprétations à ces aventures peuvent être proposées, et de nombreux psychanalistes, tels Bettelheim ou von Franz, les ont
étudiées.
Avant de commettre la faute fatidique, Lucius est plusieurs fois mis en garde. Ces avertissements prennent parfois des formes détournées si bien qu‘il ne les entend pas. Les récits d‘Aristomène et de Thélyphron
lui montrent les dangers de la sorcellerie, une oeuvre d‘art dans
l‘atrium de Byrrhène, ceux de la curiosité envers le divin. Le roman tout entier est ainsi construit à partir d‘anecdotes et d‘épisodes qui ren-
voient les uns aux autres et se répondent. Ces effets d‘écho donnent l‘impression mystérieuse que rien n‘est dû au hasard mais qu‘une puissance infernale machine tout cela pour progressivement causer la
perte du héros.
Celui-ci se met alors à incriminer la déesse Fortune qu‘il rend responsable de ses tribulations et qu‘il qualifie de cruelle et aveugle. Elle s‘acharne
contre lui à rire des périls dans lesquels elle l‘entraîne, et à l‘y arracher pour le confronter à des situations plus pénibles encore. L‘atmosphère fantastique est également due à la prise de conscience progressive de Lucius que le monde sensible n‘est qu‘illusion et que tout objet est
susceptible de changer de nature. Les récits de métamorphoses provoquées par les sorcières le hantent au point qu‘il croit voir la ville elle-même se transformer :
« De tout ce que j‘apercevais dans cette ville, rien ne me paraissait être ce qu‘il était : à chaque chose j‘étais persuadé que quelque grimoire infernal avait donné une autre figure. Rencontrais-je une pierre ? je croyais voir un homme pétrifié ; entendais-je un oiseau ? c‘était un homme encore, auquel avaient poussé des plumes ; pareillement s‘étaient
couverts de feuilles les arbres qui couvraient l‘enceinte de la ville ; et l‘eau des sources provenait de corps humains liquéfiés. Je me figurais que les statues et les images allaient marcher, les murailles par-
ler, les boeufs et autre bétail annoncer l‘avenir, du ciel même et de l‘orbe radieux tomber subitement quelque oracle. » (II, 1)
Plus tard il engage un combat contre des outres qu‘il prend pour des bandits. Au thème de l‘illusion s‘ajoutent ceux du travestissement
et de l‘hypocrisie qui rendent cet univers incertain, instable et propice à l‘installation de la violence.
Tiré de :
http://www.polytechnique.fr/eleves/binets/xpassion/articles/xp21apul.pdf
Il s’agit donc d’un roman léger, donnant une vision parodique de la société. Mais il s’agit aussi d’un roman d’une initiation. Le culte d’Isis n’est-il pas tout simplement utilisé pour introduire l’animal, l’âne, et donc sa symbolique ? Comment peut-on expliquer les passages sur les amours de Psyché et d’Eros si l’âne n’est pas le fil conducteur, le lien entre la libido et le parcours initiatique ?
Lopi



